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Restaurer une photo scannée

Une boîte de photos de famille, un scanner à plat et beaucoup d'espoir. La restauration par IA fait des merveilles sur certains tirages et invente un inconnu sur d'autres. La différence tient à trois choses : la qualité du scan, l'ordre des traitements, et le fait de donner ou non au modèle une photo de référence de la personne.

Bien scanner, c'est la moitié du travail

Aucun modèle ne récupérera une information que le scan n'a pas captée. C'est l'étape la moins spectaculaire et la plus rentable.

La résolution se choisit selon la taille de l'original, pas selon une habitude. Pour un petit tirage de 10 × 15 cm, scannez à 600 ppp (points par pouce) : vous obtenez environ 2 360 × 3 540 pixels, soit à peu près 8 mégapixels, largement de quoi travailler et réimprimer. Pour un original plus grand, un portrait de 20 × 30 cm par exemple, 300 ppp suffisent et donnent déjà la même quantité de pixels. La règle simple : visez au moins 2 000 à 3 000 pixels sur le grand côté. Monter à 1 200 ppp sur un tirage papier n'apporte généralement rien d'autre que la texture du papier ; c'est utile sur un négatif ou une diapositive, pas sur une copie.

Scannez en couleur, même une photo en noir et blanc. Le capteur enregistre alors trois canaux au lieu d'un : vous conservez le virage sépia et les dominantes du papier, qui se corrigent ensuite proprement, et le bruit se répartit différemment sur les trois canaux, ce qui aide au débruitage. Un scan en niveaux de gris jette une information que vous ne pourrez pas recréer. Et si vous comptez coloriser, ces nuances aident le modèle à comprendre les matières.

Enregistrez en TIFF, ou en JPEG de qualité maximale. Un JPEG à 60 ajoute ses propres artefacts, que la restauration prendra pour du détail et renforcera. Désactivez aussi les corrections automatiques du logiciel de numérisation : accentuation, restauration des couleurs, détramage agressif. Un scan plat et neutre est le meilleur point de départ. La retouche des poussières par infrarouge, elle, ne fonctionne que sur les films et les diapositives, pas sur les tirages papier.

Nettoyez avant de scanner. Un coup de chiffon microfibre sur la vitre, une poire soufflante sur le tirage : chaque poussière devient un point clair qu'il faudra corriger ensuite. Posez la photo bien droite, laissez une petite marge autour, recadrez après coup.

Pas de scanner ? Photographiez le tirage à plat, avec une lumière indirecte des deux côtés, l'appareil bien parallèle au papier et surtout sans flash direct, qui crée un reflet au centre. Sur téléphone, l'outil de restauration d'Airpic propose d'ailleurs un bouton pour photographier directement le tirage. Gardez enfin la limite de l'outil en tête : jusqu'à 20 mégapixels, ce qui couvre très largement un scan à 600 ppp d'un format 10 × 15.

Ce que l'IA peut récupérer, et ce qu'elle ne peut pas

Soyons précis, parce que la confusion sur ce point produit beaucoup de déçus.

Ce qu'elle sait faire. Reconstruire des traits à partir de ce qui subsiste : yeux, bouche, dents, texture de peau, mèches de cheveux. Supprimer le grain argentique, le bruit de numérisation et les artefacts de compression. Récupérer de la netteté quand le flou est léger. Agrandir en recréant du micro-détail plausible. Redonner une couleur vraisemblable à une image en noir et blanc.

Ce qu'elle ne sait pas faire. Inventer la vérité. Si une zone est déchirée, brûlée, décolorée jusqu'au blanc ou couverte d'une tache d'encre, le modèle la remplit avec quelque chose de « vraisemblable », pas avec ce qui s'y trouvait. De même, un visage qui ne fait que quarante pixels de large ne contient pas assez d'information pour reconstruire une identité : le modèle comble avec ce qu'il a appris sur des millions de visages et produit une personne crédible, qui n'est pas forcément la vôtre.

La colorisation obéit à la même logique. La couleur d'une robe, d'un mur ou des yeux n'est pas inscrite dans un négatif noir et blanc : le modèle propose l'hypothèse la plus probable, celle d'un ciel bleu, d'une peau rosée, d'une végétation verte. Pour tout ce qui est arbitraire, demandez à la famille avant de considérer le résultat comme un document.

Enfin, rayures, pliures, taches et déchirures ne relèvent pas d'un restaurateur de visages. Elles se traitent à part, en peignant sur le défaut avec l'outil Supprimer des objets, qui reconstruit la zone à partir de ce qui l'entoure.

Deux habitudes à prendre : comparez toujours le résultat à 100 % avec l'original avant de télécharger, et conservez le scan d'origine. Le fichier restauré est une interprétation, aussi belle soit-elle ; l'archive, c'est le scan.

L'ordre qui marche : bruit, visages, couleur

Sur un tirage difficile, l'ordre des traitements change plus le résultat que le choix des réglages.

1. Le bruit d'abord. Grain argentique, bruit de numérisation, trame d'impression si la photo vient d'un journal : tout cela ressemble à du détail pour un modèle. Si vous restaurez d'abord, le modèle de visage interprète le grain comme de la texture de peau et le renforce, ce qui donne un teint granuleux et des cheveux en paquets. Nettoyez donc en premier, avec Réduire le bruit, et sans excès : à pleine intensité, la peau devient plastique et les cheveux une masse uniforme. Commencez autour de 50 % et montez seulement si c'est nécessaire.

2. Les visages ensuite. Le restaurateur de visages détecte chaque visage, le recadre, le reconstruit, puis le recolle dans la photo. Il a besoin de traits lisibles, pas de grain. C'est aussi à cette étape que le fond est nettoyé et agrandi. Le curseur d'intensité correspond à la fidélité du visage : à 100 %, le résultat est le plus net mais aussi le plus réinventé ; entre 40 et 60 %, la personne reste reconnaissable, parce que le visage reconstruit est mélangé à celui d'origine. Sur les tirages très abîmés, c'est presque toujours le bon réglage. Repasser deux fois le même modèle n'améliore pas la ressemblance : cela ne fait qu'accumuler son style.

3. La couleur en dernier. La colorisation s'appuie sur les valeurs de gris et sur la structure de l'image pour deviner les matières. Une image déjà propre et nette lui donne des frontières franches, donc moins de bavures de couleur qui débordent sur les contours. Dans l'autre sens, coloriser d'abord revient à demander au restaurateur de retoucher des couleurs inventées, qu'il va ensuite figer. Utilisez Coloriser à la fin, en choisissant le rendu naturel plutôt que vif pour un document de famille.

Et l'agrandissement ? À la fin, ou intégré à la restauration, jamais au début : agrandir une image bruitée multiplie le bruit avant même de commencer. Pour un tirage destiné à l'encadrement, terminez par un agrandissement avec le mode impression, qui calcule les points par pouce obtenus pour la taille de papier visée.

En pratique, l'outil Restaurer d'Airpic fait déjà le fond, les visages et, en option, la couleur en une seule passe : pour une photo en bon état, cela suffit. Le découpage en trois étapes distinctes se justifie sur les cas difficiles, quand vous voulez contrôler chaque réglage.

Quand ajouter des photos de référence

Le symptôme est facile à reconnaître : la photo de départ est très dégradée, un petit visage flou, une capture d'écran reçue par messagerie, un tirage passé ; le résultat est net, agréable, et ressemble à quelqu'un d'autre. Ce n'est pas un défaut de l'outil. Sans information suffisante, la reconstruction glisse vers un visage générique, une moyenne statistique.

La solution consiste à donner au modèle une photo de référence de la même personne. Une seule photo nette suffit souvent ; vous pouvez en ajouter jusqu'à trois, de n'importe quelle époque. Le visage principal est alors reconstruit à partir de son identité, et non d'une moyenne : Airpic génère plusieurs candidats, mesure la ressemblance de chacun avec vos références et retient le meilleur, tout en vous laissant en choisir un autre dans la bande de résultats.

Le curseur de fidélité commande le degré de mélange avec la photo d'origine. À 100 %, vous obtenez le résultat brut du modèle : le plus net, mais aussi celui qui s'éloigne le plus de l'expression de départ. En descendant, autour de 85 % par défaut avec des références, vous récupérez le sourire, la position de la bouche, les dents et le teint de l'original, tout en gardant la netteté apportée. Si le sourire se ferme ou si le visage prend un air posé, baissez encore.

Bien choisir les références. Un visage de face ou légèrement de trois quarts, net, bien éclairé, assez grand dans le cadre. Évitez les lunettes de soleil, une main devant le visage, une photo de groupe où la personne fait deux centimètres, et les images où des éléments encombrants (mains, épaules, objets) prennent toute la place. L'époque compte moins que la netteté : une référence récente fonctionne très bien pour restaurer un portrait ancien.

Comptez une à deux minutes de traitement, plus long qu'une restauration classique. Les photos de référence suivent exactement le même régime que la photo principale : elles ne servent qu'à ce travail, elles sont supprimées ensuite et ne servent jamais à entraîner un modèle.

Une réserve honnête, pour finir : le score de ressemblance affiché est un indicateur, pas un verdict. Avec une seule référence, il se calcule sur une seule photo et peut paraître flatteur. Fiez-vous à vos yeux, et surtout à ceux de la famille : ce sont eux qui savent si c'est bien elle.

Restaurer pas à pas avec Airpic

  1. Numérisez le tirage : 600 ppp pour un 10 × 15 cm, 300 ppp au-delà, en couleur, en TIFF ou en JPEG de qualité maximale, corrections automatiques désactivées.
  2. Si le scan est très granuleux, passez d'abord par Réduire le bruit autour de 50 % et téléchargez le résultat.
  3. Ouvrez Restaurer des photos anciennes et déposez le fichier. Formats acceptés : JPG, PNG, WebP, TIFF, HEIC et AVIF, jusqu'à 20 mégapixels. Sur téléphone, un bouton permet de photographier directement le tirage.
  4. Cochez ce dont vous avez besoin : améliorer les visages, agrandir ×2, coloriser si la photo est en noir et blanc. Réglez l'intensité, c'est-à-dire la fidélité des visages.
  5. Si le visage est méconnaissable, ajoutez une à trois photos de référence de la même personne et laissez la fidélité autour de 85 %.
  6. Lancez le traitement, puis comparez avec le curseur et le bouton Voir à 100 %. Avec des références, choisissez dans la bande proposée le candidat qui vous semble le plus juste.
  7. Téléchargez. Traiter et voir le résultat est gratuit ; les conditions du téléchargement complet sont indiquées sur la page de l'outil.
  8. Rayures, taches ou déchirures restantes : reprenez le fichier restauré dans Supprimer des objets et peignez sur les défauts. Pour un tirage grand format, terminez par un agrandissement, qui monte jusqu'à 600 mégapixels avec un mode dédié à l'impression.

Les fichiers sont traités sur des GPU situés dans l'Union européenne et supprimés une heure après le téléchargement, vingt-quatre heures au maximum. Il n'y a ni compte, ni galerie, ni historique, et vos photos de famille ne servent jamais à entraîner quoi que ce soit.

Deux lectures utiles pour la suite : si vos fichiers arrivent en .heic depuis un téléphone, voyez comment convertir un HEIC en JPG ; et si vous numérisez d'anciens visuels destinés à une boutique en ligne, le guide du fond blanc explique la suite du travail.

FAQ

À quelle résolution faut-il scanner une photo papier ?

Selon la taille de l'original : 600 ppp pour un petit tirage de 10 × 15 cm, ce qui donne environ 8 mégapixels, et 300 ppp à partir d'un 20 × 30 cm. L'objectif est d'obtenir au moins 2 000 à 3 000 pixels sur le grand côté. Au-delà, vous numérisez surtout la texture du papier.

Faut-il scanner en noir et blanc une photo en noir et blanc ?

Non, scannez en couleur. Vous conservez le virage sépia et les dominantes du papier, le bruit se répartit sur trois canaux, ce qui facilite le débruitage, et la colorisation dispose de plus d'informations. Un scan en niveaux de gris supprime définitivement ces données.

Le visage restauré ressemble-t-il vraiment à la personne ?

Sur un original correct, oui, parce que le modèle part des traits réellement présents. Sur une photo très dégradée, il tend vers un visage générique. Deux leviers corrigent cela : baisser la fidélité pour conserver davantage du visage d'origine, et ajouter une à trois photos de référence de la même personne.

Comment réparer une photo déchirée ou tachée ?

La restauration corrige le grain, le flou et le manque de détail, mais pas les dommages physiques. Pour une déchirure, une rayure ou une tache, reprenez la photo restaurée dans l'outil de suppression d'objets, peignez sur le défaut et la zone est reconstruite à partir de ce qui l'entoure.

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